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Christine LAGARDE

La solidarité gouvernementale n’est vraiment pas de mise avec l’équipe de Nicolas 1er. Ce qu’annonce l’un est quasi systématiquement contredit par l’autre.

Que ce soit concernant la circulaire pour l’expulsion des Roms (oui je mets une majuscule car ce peuple a non seulement le droit de citée mais aussi et surtout le droit au respect), ou bien pour un problème qui nous touche de plus près, à savoir la défiscalisation dans les DOM, l’ancien magicien de Jacques CHIRAC (François BAROUIN, que d’aucun surnommait Harry POTTER) qui nous annonce que les DOM-TOM ne seront pas touché par les restrictions budgétaires apposées aux niches fiscales, contredit une semaine après par Christine LAGARDE .

Si cette dernière a le dernier mot, l’économie réunionnaise va continuer à s’enfoncer dans un marasme économique, privée des fonds d’investissements qui lui permette de compenser l’éloignement et la concurrence des pays de la zone.

Pour le BTP déjà mis à mal par le coup de frein porté à la commande publique, mais aussi la production locale qui verra le coût de son investissement productif progresser de 10%, l’annonce, si elle est confirmée, entraînera dans son sillage, une forte dégradation de l’emploi, déjà mis à mal par une crise sans précédent.

Les grands groupes locaux sont déjà dans le rouge, pour certains, et sans cette manne financière, l’investissement à la Réunion va se réduire à « peau de chagrin », venant se rajouter à la morosité ambiante.

Les affaires de fraude à la défiscalisation, qui ont impliqué notamment la révision de la loi Girardin, pour faire passer le seuil de défiscalisation de droit commun (sans agrément fiscal) de 300 000 euros à 250 000 pour les uns et au premier euro (exclusivement pour les transporteurs) pour les autres, débarquent sur l’île.

La fraude est simple, pour un investissement de 80 000 euros, les fournisseurs facturent 290 000 l’apport des investisseurs privés étant de 30%, le bénéficiaire n’a finalement rien à débourser, la totalité de l’investissement étant réglée par les défiscaliseurs privé. On se partage, ensuite, les sommes restantes lié à l’économie d’impôts, par des loyers bidons.

Le juge du chef-lieu, Brigitte Lagière, entame ses investigations sur le sujet. Tout le monde sera perdant dans cette histoire, les sociétés bénéficiaires qui vont devoir rembourser à l’état les montants défiscalisés en plus des pénalités et amendes liées, les investisseurs privés qui voient leurs montants défiscalisés remis en cause et qui devront d’acquitter de l’impôt correspondant sur les années antérieur avec là aussi, pénalités, enfin les sociétés tierces spécialisées en défiscalisation et les fournisseurs qui eux ne risquent non seulement des amendes, mais bel et bien de l’emprisonnement et tout l’arsenal judiciaire afférent, pour fraudes fiscales.

Et c’est à cause de ces escrocs que des sociétés saines ne bénéficient plus des avantages de la défiscalisation et qui ont obligé le gouvernement à retoquer la loi Girardin, rendant la défiscalisation outremer beaucoup moins attractive pour les investisseurs privés et qui vont certainement reporter ses mannes financières, sur des biens moins contraignants.

C’est fait !!! Depuis hier, approuvé par l’Assemblée Nationale, l’amendement, visant à demander un agrément à partir du premier euro pour les transporteurs, a été adopté.

Jusqu’alors, en deçà de 300 000 euros les entreprises de transport, pouvait réaliser leurs investissements en « droit commun », c’est à dire sans demande préalable auprès des services fiscaux. A compter de la mise en application de la LODEOM, ces derniers seront obligés de passer par une demande d’agrément auprès des services de Bercy. Quand on sait qu’il faut près d’un an pour réceptionner un camion ou tracteur routier, le délai d’agrément (3 mois environ) vient s’ajouter à la durée de fabrication et de mise aux normes, rendant quasi impossible les investissements défiscalisés sur un seul exercice.

Il faut rappeler qu’un bien ne peut bénéficier de la défiscalisation que s’il est dédouané avant le dernier jour de l’exercice concerné… Les entreprises de transport, qui sont, rappelons le, sans alternatives pour l’acheminement de biens à la Réunion, vont encore une fois souffrir de cette décision. Nombre de petits entrepreneurs du secteur vont certainement y laisser des plumes, resserrant la profession autour des plus gros aux « reins » un peu plus solide. En plus des augmentations prévisibles des carburants, des pneumatiques et des pièces détachées, c’est un nouveau coup dur pour les professionnels de la route.

La LODEOM (loi d’orientation pour le développement économique outre mer) a été voté par le sénat dans la nuit de jeudi à vendredi. En ces périodes troublées dans les départements ultra-marins, le sénat a entériné plusieurs amendements passées sous silence.

En effet les seuils de défiscalisation de « droit commun », si la loi est adoptée en l’état par l’Assemblée nationale, passeront de 300 000 euros à 150 000 euros et une demande d’agrément sera obligatoire dès le 1er euro pour les entreprises dans les secteurs économiques dits sensibles. Cette amendement remet en cause l’investissement défiscalisable Outre Mer, notamment sur les biens d’équipement industriels.

Cette loi risque de mettre un coup de frein notable aux investissements productifs des entreprises réunionnaises. Les demandes d’agrément par l’administration fiscale étant de plus en plus difficile à obtenir. En gros l’Etat reprend d’une main ce qu’il a donné de l’autre.

Les agences immobilières de l’île ont le moral en berne. Devant la crise des sub-primes américaines d’une part et les pertes successives du pouvoir d’achat des ménages, ou encore le plafonnement de la défiscalisation, les clients se font de plus en plus rares.

Le nombre d’écriteaux sur les maisons à vendre et à louer, notamment dans le sud de notre île, fleurissent. Après des années de spéculation, avec la mise en place de prix abusivement hauts, l’immobilier entame une traversée du désert.

Les beaux jours de la croissance à la Réunion ont du plomb dans l’aile et l’année 2009 risque d’être une année noire pour l’économie. Coût d’arrêt à la défiscalisation, grands travaux en net recul, augmentation des matières premières, pertes de pouvoir d’achat des ménages, billet d’avion trop cher pour la destination réunion, sont tous des facteurs aggravants à cette crise qui s’annonce.

La crise financière a pour conséquence la complexité pour obtenir un crédit, ceci ne sera pas un impact lourd pour l’immobilier à la Réunion, qui a déjà vu son volume d’affaire baisser de près de 20% (dixit J. de Chateauvieux).

Nombre d’entreprises industrielles, ayant profité de la loi Girardin, et de la mise en place de défiscalisation partagée se retrouve aujourd’hui avec des problèmes divers, sociétés « spécialistes » de défiscalisation qui faute de trésorerie ont cessé leur activité, rendant impossible le rachat des biens au terme des 5 années de financement, ou ayant perdu des marchés et ne pouvant plus faire face à leurs échéances, c’est tout un pan de l’économie locale qui est désormais en souffrance.

Le projet de loi de finance 2009, prévoit qui plus est, un plafonnement du montant défiscalisable, rendant bien moins attractives ce type d’opérations. Les beaux jours de la croissance à la Réunion sont désormais derrière nous !!

Une fois n’est pas coutume, ce sont les patrons réunionnais qui sont descendus dans la rue hier, à Saint Denis. Pas de porte-voix ni de banderoles, mais ils étaient, néanmoins, près de 300. Le projet de loi de finance 2009, inquiète ses patrons qui voit, avec le plafonnement des niches fiscales, un danger pour l’investissement défiscalisé à la Réunion, ce qui équivaudrait, à une augmentation de 30% du coût de l’investissement pour les Entreprises. Par ailleurs la remise en cause des exonérations de charges et de la TVA NP (taxe à la valeur ajoutée, non perçue et récupérable) qui elle aussi permet de réduire le montant des investissements lourds.

C’est Maurice CERISOLA, ancien Président d’AVICOM (Crête d’Or, Ti Gayard …) et actuel président de la Réunion Économique, qui a lancé le mot d’ordre et interpelle Nicolas SARKOSY sur les dangers de telles mesures sur l’économie locale.

Une motion a été remise au Directeur de cabinet du Préfet pour être remontée à Paris.

Les chiffres viennent de tomber, la Réunion a connu, sur un an, un accroissement de 6,3% du nombre de chômeurs, le plus mauvais score de l’ensemble du territoire nationale.

L’économie locale est en difficulté, et le plafonnement de la défiscalisation dans les DOM-TOM dans les secteurs productifs et locatifs ne va pas arranger les choses pour les années à venir. Nombre de dossiers de défiscalisation des entreprises se sont vus « shooter » les demandes d’agrément pour des raisons diverses et variées. Sans investissement, dans une région en proie à une concurrence économique forte, avec un coup du travail bien moins chèr dans les autres pays de la zone (Madagascar, Maurice, Afrique de l’ouest, Afrique du Sud …), les entreprises seront dans l’obligation d’opérer des cures d’amaigrissement au détriment de l’emploi.

Rajouté à cela, les coûts des matières premières, des carburants et produits dérivés, les difficultés routières, la crise bancaire, la crise dans l’immobilier, l’économie locale après plusieurs années de progression va s’approcher dangereusement de la zone rouge cette année et un proche avenir.

Les banques ont remonté les taux de crédit, les agréments de défiscalisation sont donnés au compte-gouttes, le morale des entreprises est au plus bas.

Alors que les caisses de l’Etat sont vides, il est de plus en plus difficile d’obtenir l’agréement de Bercy pour la défiscalisation industrielle à la Réunion. Sans ce levier, nombre d’Entreprises Réunionnaises vont devoir réviser à la baisse, leur enveloppe d’investissements. Rappelons le, la défiscalisation qu’elle soit partagée (appel à des investisseurs privés) ou directe permet aux entreprises concernées une économie de près de 30% sur le montant de leurs investissements éligibles, rajoutons à cela la remise en question de la TVA non perçue et récupérable, autre systeme d’aides aux investissements et la flambée des matières premières, les entreprises réunionnaises vont subir la crise mondiale plus durement encore…

Sans investissement, les Entreprises réunionnaises vont perdre leur compétitivité dans une zone où le coup du travail est plus de 10 fois suppérieur aux autres pays (Madagascar, Maurice, Afrique de l’Est …

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