Archive pour la catégorie ‘Tribune libre’
Comme lors de chaque crise financière majeur, le racisme et la xénophobie refont surface. La Suisse interdit la construction des minarets.
Le rejet de l’autre a toujours été le raccourci le plus utilisé par les population en souffrance, il a été pendant de nombreuse années le capital santé du front national. Pourquoi chercher des solutions à ses propres problèmes quand on peut en rejeter la faute sur l’étranger, la différence.
Ces étrangers, que nous avons été cherché pour réaliser les travaux (pénibles) que nous ne voulions plus faire, sont taxés aujourd’hui encore de faire monter le chômage. La sécurité sociale est en déficit c’est à cause des étrangers qui ont beaucoup d’enfant et qui utilisent les rouages de notre solidarité… autant de poncifs et raccourcis qui font le creuset de la droite réactionnaire.
La suisse vient donc de franchir le pas, du racisme quotidien au racisme d’État. Comme à la Réunion, la tolérance devrait être une religion. Apprendre à connaître l’Autre, ses traditions et ses cultures permet dans tous les cas le rejet de la xénophobie. A chaque difficultés mondiales, au lieu de se soutenir l’un, l’autre, on ne fait qu’exacerber les différences et la peur de l’autre. Seule la solidarité et l’entraide pourrons accélérer la fin de la crise.
L’Amérique peine à sortir de la crise, c’est la faute de Ben Laden. L’Europe s’essouffle, c’est la faute à l’émigration africaine, le climat se détériore, c’est la faute des chinois. Je rejoins l’analyse de Patrick SEBASTIEN, remettons l’humain au centre de nos préoccupation, arrêtons de raisonné qui en euro, qui en dollar, pour sortir de CES crises (financière, climatique) il faudrait des nouveaux JUSTES…
awa
Permettez moi de vous conter une histoire qui viens de m’arriver ce dimanche, avec mon épouse, un couple d’amis et nos 4 enfants réunis dans cette magnifique contrée des hauts d’Entre Deux, sur le chemin forestier du Dimitile.
Comme tout bon pique nique Réunionnais, il se tiens là où on à trouvé « le coin magique qui va bien du jour », c’est à dire qu’après être arrivé devant la barrière du terminus du chemin, on à fait demi tour et on s’est arrêté dans un coin charmant, repéré à la montée et qui était parfaitement vide.
En deux temps trois mouvements on pose les bâches et les glacières, on cherche trois bouts de bois, et nous voilà enfin prêt pour l’apéro.
C’est ce moment que les représentants locaux de la guilde des adorateurs de la chose cynégétique choisissent pour nous accueillir avec leurs harmonies si particulières…
Bon, on à 500m2 de tranquillité, un bon feu, une glacière de bidoche et c’est pas deux coup de tromblon lointain qui vont nous gâcher le BBQ.
C’était sans compter sur la pluie… qui fait son apparition quelques instants plus tard, chose cocasse et vous ne me croirez jamais (sauf si vous avez lu le début), c’était une pluie… de plombs !
Tout petits, quelques millimètres seulement, mais c’était quand même des plombs, qui devaient sûrement provenir de la secte cynégétique précédemment sus-citée, et qui devait finalement ne pas être si éloignée que ça, d’un point de vue bêtement balistique bien entendu.
En cow-boys responsables, nous avons tous entonné une réponse à nos hôtes afin de les assurer de la bonne réception de leur message de bienvenue.
Ils nous ont répondu qu’ils avaient bien reçu notre réponse, et un dialogue des plus intéressant c’est alors instauré entre nous.
Mais, ce que le ton ironique et quelque peu léger de ce billet ne saurait faire transparaître, nous en arrivâmes au moment ou, lassitude aidant, nous décidons de mettre une terme malgré nous à cette si ludique conversation, en nous préparant alors à retourner dans nos contrées personnelles, en gros, après quelques minutes de planques cachés derrière les voitures, blancs comme des linges et pas peu fiers si ce n’est véritablement flippés de la mort, on s’est vite cassés de là.
Après un entraînement guerrier comme celui-ci, on est tranquillement aller faire notre rapport à la Gendarmerie locale histoire de les rassurer sur le nombre de survivants de la journée…
Notre pique nique c’est tous de même bien terminé, Trois Mares étant magnifiquement tranquille en comparaison, même si notre repas dominical s’est fait au son agréable des casseroles Tamouls du temple d’à côté, il devait être écris quelque part que ce dimanche ne serait pas silencieux.
La prochaine fois, on ira poser nos bâches dans une réserve de chasse, nous y seront certainement plus à l’abris que sur un chemin forestier et public comme celui du Dimitile.
Finalement, nous sommes tous vivants et bien portants, c’est déjà ça, on à perdu un chouette dimanche, mais c’est pas ça qui nous empêchera de retourner là bas pour terminer notre glacière de bidoche.
Même pas eu le temps de faire des photos du Papang local qui se balade tranquillement et qui comme son espèce en est coutumière, faisait et refaisait toujours le même circuit, parfait pour préparer l’appareil photo pour le cliché du jour.
Un drôle de dimanche en quelque sorte.
Mais je ne puis terminer ce billet en relatant un fait extrêmement grave qui s’est produit pendant notre planque. Je ne vous cacherais pas que nos message hurlés contenaient quelques mots issus de notre colère, je met au défit n’importe quel père de famille qui voit son fils prendre un plomb dans le dos, de ne pas réagir de même.
Bref donc, au détour d’un de nos appels au calme, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre un sifflement distinct se produire à quelques mètres au dessus de ma tête… un balle venait de passer !
J’ai toujours su garder mes distances avec les armes à feux, mais je ne suis pas ignare quand même (sûrement quelques vieux reste de mon service militaire), et je sais faire la différence entre des plombs et des balles.
Des plombs Ok des balles NON !
Alors si l’abruti qui s’est amusé à cela me lit, je lui adresse l’expression de mon plus profond mépris, aimer la science cynégétique est une chose, tirer sur des enfants à balle réelle est juste un acte de pure bêtise aussi criminel que pathétique.
J’ai bien l’intention de retourner au même endroit très bientôt, je ne vais pas me laisser intimider par un inconnu bien parfaitement caché par la distance et tellement sûr de son pouvoir, qu’il arbore généralement sous la forme d’un cylindre à poudre et qui dans ce cas précis, n’avait d’autre but que de servir d’extension à cette fameuse carence musculaire entrejambienne… si chère à certains pratiquants de ce sport.
Sinon, ben le coin est quand superbe, je vous le conseille malgré tout.
Je me souviens d’une émission de télé. Un présentateur de la chaîne d’Etat, animait un débat public sur l’intégration. Parlant de personnes immigrées ou issues de l’immigration il en vint à dire : « il est vrai que certaines sont là depuis plus de dix ans et force est de constater qu’elles ne se sont pas intégrées. Elles portent toujours la djellaba ! »
– « J’allais vous faire la même remarque, vous m’avez coupé l’herbe sous le pied », renchérit un interlocuteur.
Au fond de la salle, un petit monsieur, jugeant inapproprié de répondre à une telle caducité, se pencha malgré tout vers son voisin et lui dit sans baisser la voix : « j’ai enseigné durant vingt ans en Haute Volta et mes collègues, professeurs comme moi, qui portaient tous la djellaba, n’ont jamais pensé un seul instant que je ne m’étais pas intégré, moi qui ne m’étais jamais départis de mes pantalons à pinces ».
L’animateur qui avait entendu, lui rétorqua : « Oui, mais eux étaient des musulmans et vous vous ne l’étiez pas ». Devant non pas une confusion des genres, mais plutôt face une constante de la désignation –la djellaba à Paris, ou l’islam à Ouagadougou, deux remarques qui procèdent de la même métaphore– le monsieur du fond de la salle préféra ne pas poursuivre plus loin la discussion.
Remarquons en passant que, du côté de l’institution française, il y a deux poids deux mesures, car, comment expliquer sinon par des raisons géopolitiques (le plus grand lagon du monde, la zone maritime économique, les nodules poly métalliques…) que la France qui intègre du bout des lèvres dans l’hexagone, le fasse à bras ouverts en dehors. Bref, ce n’est pas l’humanité qui va s’en plaindre !
Il aurait aussi aimé lui expliquer que sur cette île vit une petite communauté de Français de France à qui on a jamais demandé de « s’intégrer ». Heureusement, le comble a été évité, car cette fois, les « mzungus » (mot désignant « les blancs » en mahorais) de Mayotte sont bien français chez eux, dans cette île, à l’inverse du « toubab » (mot désignant « le blanc » en Bambara) de Haute Volta qui lui, n’était que Français chez l’autre !!!
L’armada des gueux
Nous soulevions, dans notre précédent billet du 29/04/09, l’hypothèse que le concept infernal que sont les caricatures partisanes et les nostalgies trompeuses, issues du colonialisme pour les premières, et de sa fin d’époque pour les secondes, ne soit qu’une excuse. Une démarche inconsciente certes, afin de draper d’un voile de retenue la panique que soulève la véritable question : la surpopulation planétaire. Alors, l’intégration a bon dos. Le problème faussement soulevé n’est que l’excuse du refus de l’autre… ou plutôt du refus de partage.
Voilà, le maître mot lâché : le partage… des richesses, cela va de soi. Une notion que l’Occident occulte et continuera de faire jusqu’au jour où, le tiers monde éclopé, purulent, en guenille, embarqué sur une armada incommensurable de vieux rafiots, débarquera par vagues successives et incontrôlables, pour s’approprier ce qui lui a toujours été refusé. Et aucune police ne pourra l’arrêter.
Les pôles se seront inversés, ce sera à l’Occident de s’intégrer dans le nouvel ordre ethno-sociologique de la misère. Mais le pourra-t-il. Certainement pas. Il se tournera alors vers le septentrion, le pays du grand froid, pour une ultime fuite en avant. Le plus intégré n’aura-t-il pas été celui qui aura préparé son débarquement, ou celui qui aura passé son temps à ignorer cet inéluctable avènement ?
Le tsigane, Roi de l’intégration
Nous avons déjà connu une précédente armada, beaucoup moins nombreuse toutefois, plus pacifique, et infiniment plus poétique : celle du peuple artiste tsigane. Rien n’a pu l’arrêter, même pas les édits royaux de tirs à vue, même pas les camps de concentration du 3e Reich, même pas la tentative de génocide ethnologique du troc de la verdine contre la cage à lapin d’un clapier de cité de banlieue. Un peuple pourtant inoffensif eu égard à son tout petit nombre, mais un peuple qui dérange toujours les autorités –surtout les autorités françaises actuelles– qui cherchent par tous les moyens à le tenir à distance.
Un peuple qui, pour les gouvernements, ne s’est jamais intégré, mais qui connaît toutes les ficelles administratives, sociales et judiciaires de tous les pays qu’il traverse. Un peuple qui sur ce point est loin d’avoir raté son intégration ! c’est le moins que l’on puisse en dire. Et c’est une juste réponse car, dans les faits, qui est le plus intégré : celui qui, sans honte, brille de ses dents en or, portent de longues robes bariolées, huile ses cheveux mais sait tirer partie… où celui qui continue à porter le costard conventionnel tout en ayant peur que l’autre vienne le lui emprunter ?
L’intégration a le dos large, mais gare au choc en retour. Les marabouts du sud ou les chamans de l’est ne poserons pas le problème dans les mêmes termes le moment venu. L’occident aura alors définitivement raté son intégration dans le nouvel ordre de demain qui sera, cela va de soi, un ordre de partage forcé !
jipsan
Je me souviens d’une émission de télé. Un présentateur de la chaîne d’Etat, animait un débat public sur l’intégration. Parlant de personnes immigrées ou issues de l’immigration il en vint à dire : « il est vrai que certaines sont là depuis plus de dix ans et force est de constater qu’elles ne se sont pas intégrées. Elles portent toujours la djellaba ! »
– « J’allais vous faire la même remarque, vous m’avez coupé l’herbe sous le pied », renchérit un interlocuteur.
Au fond de la salle, un petit monsieur, jugeant inapproprié de répondre à une telle caducité, se pencha malgré tout vers son voisin et lui dit sans baisser la voix : « j’ai enseigné durant vingt ans en Haute Volta et mes collègues, professeurs comme moi, qui portaient tous la djellaba, n’ont jamais pensé un seul instant que je ne m’étais pas intégré, moi qui ne m’étais jamais départis de mes pantalons à pinces ».
L’animateur qui avait entendu, lui rétorqua : « Oui, mais eux étaient des musulmans et vous vous ne l’étiez pas ». Devant non pas une confusion des genres, mais plutôt face une constante de la désignation –la djellaba à Paris, ou l’islam à Ouagadougou, deux remarques qui procèdent de la même métaphore– le monsieur du fond de la salle préféra ne pas poursuivre plus loin la discussion… (Lire la suite de l’article)
jipsan
La tolérance, un mot devenu vide de sens, qu’on peut lire sur toutes les lèvres. Une valeur que chacun se glorifie de partager. Une valeur devenue lieu commun de bienséance. Une valeur anti-morale, anti-sociale, anti-démocratique, anti-humaniste. La forme la plus subtile de l’exclusion de l’autre ! La forme de racisme la plus insidieuse !
Car la tolérance n’est rien d’autre que le fait du prince. Je te tolère et tu m’en seras doublement reconnaissant : d’abord parce que
j’ai été magnanime à ton égard, et ensuite parce que je te permets de m’en remercier. C’est ce que l’on appelle ni plus ni moins de la condescendance avec demande de retour d’ascenseur.
Me promenant un jour dans Belleville et remarquant une abondance de visages, non pas d’étrangers –je ne leur ai pas demandé leur cartes d’identité– mais de personnes dont les origines étaient à l’évidence loin d’être bretonne, cauchoise ou parisienne, je me hasardais à aborder un monsieur traînant un cabas à roulettes et faisant ses courses :
– « Dites moi, Monsieur, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’étrangers dans ce quartier. »
– « M’en parler pas, il n’y a que ça, des arabes, des noirs… On n’est plus en France. »
– « vous êtes du quartier ? »
– « Oui, depuis que je suis né ».
– « Vous sentez vous quand même à l’aise ? », osais-je lui demander.
– « Faut faire avec, je n’ai pas les moyens de déménager. Remarquez, je leur ferai pas d’mal ! ».
– « Ca ne craint pas, parfois ? ».
– « Oh vous savez, le mieux c’est de les ignorer. Moi je fais comme si je les vois pas et il ne m’est jamais rien arrivé. J’ai appris à vivre avec eux. Disons que je suis devenu tolérant. »
« Et eux, pensez-vous qu’ils vous tolèrent ? » me enhardis-je à lui demander.
Le vivre-ensemble
Le monsieur s’est alors campé bien en face de moi et m’a regardé droit dans les yeux : « Et bien il ne manquerait plus que ça qu’ils me tolèrent pas, je suis quand même chez moi, ici ».
Non, je ne suis pas tolérant. Je ne suis pas non plus intolérant ; Je suis seulement a-tolérant, car, sous le vocable de la tolérance, se cache une hypocrisie faite de fausse conscience parce que nourrie à l’éther de ce couple infernal –mais qui n’est qu’un prétexte, nous verrons cela dans un prochain billet– que sont les caricatures partisanes et les nostalgies trompeuses.
Ne pas tomber dans le piège de la tolérance, c’est sortir du galvaudage des lieux communs érigés en maxime passe-partout à la manière de : « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ».
Non la liberté des uns ne s’arrête pas là où commence celle des autres, ce qui revient à faire vivre l’individu chacun sur son île ; mais, comme le dit le biologiste Albert Jacquard : « la liberté des uns commence là où commence celle des autres » et cette fois, enfin, tout le monde apprendra à vivre ensemble, sur la même oasis.
Il existe, dans l’océan Indien, un département insulaire multiethnique français, La Réunion, où chacun apprend à vivre ensemble, à la même heure et avec les mêmes espérances, pour autant se faire que peut que les inévitables courants sous-marins de contradiction ne se réveillent pas en force si un jour la contention institutionnelle était levée, comme ce fut le cas, en 1979, dans une île voisine, multiethnique elle aussi, l’Ile Maurice pour la nommer. Ce fut un bain de sang. Au concept de tolérance, substituons-lui celui de vivre-ensemble. Car, enfin, comment puis-je t’exclure, toi qui n’es qu’une partie privilégiée de moi, et moi une autre partie privilégiée de toi. T’exclure serait m’exclure moi-même. Le biologiste Jean Rostand l’a bien résumé : nous, êtres humains physiques et psychiques, ne sommes qu’ « une mosaïque originale d’éléments banaux ».
jipsan
La tolérance, un mot devenu vide de sens, qu’on peut lire sur toutes les lèvres. Une valeur que chacun se glorifie de partager. Une valeur devenue lieu commun de bienséance. Une valeur anti-morale, anti-sociale, anti-démocratique, anti-humaniste. La forme la plus subtile de l’exclusion de l’autre ! La forme de racisme la plus insidieuse !
Car la tolérance n’est rien d’autre que le fait du prince. Je te tolère et tu m’en seras doublement reconnaissant : d’abord parce que j’ai été magnanime à ton égard, et ensuite parce que je te permets de m’en remercier. C’est ce que l’on appelle ni plus ni moins de la condescendance avec demande de retour d’ascenseur.
Me promenant un jour dans Belleville et remarquant une abondance de visages, non pas d’étrangers –je ne leur ai pas demandé leur cartes d’identité– mais de personnes dont les origines étaient à l’évidence loin d’être bretonne, cauchoise ou parisienne, je me hasardais à aborder un monsieur traînant un cabas à roulettes et faisant ses courses :
– « Dites moi, Monsieur, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’étrangers dans ce quartier. »
– « M’en parler pas, il n’y a que ça, des arabes, des noirs… On n’est plus en France. »
– « vous êtes du quartier ? »
– « Oui, depuis que je suis né ».
– « Vous sentez vous quand même à l’aise ? », osais-je lui demander.
– « Faut faire avec, je n’ai pas les moyens de déménager. Remarquez, je leur ferai pas d’mal ! ».
– « Ca ne craint pas, parfois ? ».
– « Oh vous savez, le mieux c’est de les ignorer. Moi je fais comme si je les vois pas et il ne m’est jamais rien arrivé. J’ai appris à vivre avec eux. Disons que je suis devenu tolérant. »
« Et eux, pensez-vous qu’ils vous tolèrent ? » me enhardis-je à
lui demander… (lire la suite de l’article)
jipsan
Qu’est-ce qui honore le plus la France ?
Mayotte, île français, s’est une fois de plus prononcée pour son maintien dans la France. Qui plus est : pour son évolution vers le statut de département. A plus de 95% des suffrages.
Et sur les moins de 5% de votants qui ne se sont pas prononcés pour la départementalisation, plus de 4% disent vouloir rester français. Un score que la mère patrie n’obtiendrait même pas si un référendum était organisé sur l’ensemble de son territoire.
Il suffit de décompter les militants ou simplement partisans des partis indépendantistes ou autonomistes basques, bretons, catalans, occitans éparpillés, communards irréductibles, guadeloupéens, martiniquais, guyanais, réunionnais… Le référendum de Mayotte qui s’est soldé par un plébiscite de plus de 95% de « oui » est un score qui honore la France. Mais au delà des chiffres, une simple réflexion sur les motivations du peuple mahorais à vouloir rester français, permet de considérer sous un autre angle le désir de nationalité.
La certitude opposée au doute
Car, en fait, qu’est-ce qui honore le plus la France en tant qu’entité de droit : le simple ralliement autour d’un hymne national qui émeut toujours très fortement les anciens combattants, extirpe encore quelques frissons aux enfants bercés dans une culture nationaliste, fait sourire les soubrettes en quête de beaux soldats… ou la certitude que la France peut apporter la sécurité et la capacité à pourvoir aux besoins élémentaires du citoyen, à savoir la nourriture quotidienne, la garantie de soins, l’assurance de liberté, et l’exercice de la justice. Car c’est bien le dernier prémisse qui a guidé le Mahorais dans son choix. Tout raisonnement axiologique qui s’appuierait sur une nostalgie trompeuse ou une attitude partisane serait condamné à se scléroser.
Car cette certitude, au regard de la crise financière et économique qui est au centre de ce que le Français éprouve en ce moment comme l’aliénation de sa vie quotidienne, laisse la place à un doute qui grandit de jour en jour et finit par gagner toutes les couches de la population. La France a donc besoin d’un apport de sang neuf pour délayer ce climat délétère. A Mayotte, par contre, c’est l’espoir qui prévaut. Une manifestation de confiance qui honore la France !
Apports nourris d’optimisme
L’histoire n’a-t-elle pas bénéficié de ces apports nourris d’optimisme qu’ont été les migrations méditerranéennes, méridionales et moyenne orientales, romaines, juives, turques, arméniennes… sans parler des migrations plus lointaines, tsiganes, normandes, celtes, liguriennes, ibériques… et de l’engagement guerrier plus récent de bataillons de tirailleurs sénégalais en 14/18 ou de la participation décisive de troupes d’Afrique du Nord sur le front sud durant la dernière guerre.
Nous parlions de la Marseillaise. Au delà de la symbolique du chant, il y a d’abord une harmonie et une mélodie. On peut fort bien concevoir que ces deux composantes ne chantent pas aux oreilles de tous les Mahorais, qui lui préfèrent des sonorités plus orientales. Mais il suffisait de voir comment les jeunes Mahorais qui n’étaient pas astreints au service militaire du temps où il était obligatoire, se précipitaient pour l’effectuer. Même si, dans certains esprits, c’était une manière d’assoire encore davantage leur nationalité française. Et la sublime récompense qui pouvait leur arriver était d’être sélectionnés parmi des milliers de conscrits pour défiler au sein de l’armée française sur les Champs Elysées le jour du 14 juillet. N’est-ce pas là une démonstration manifeste de patriotisme ?
Mayotte est une île musulmane à près de 100%. Elle ne correspond donc pas au paysage confessionnelle majoritaire français… lui opposent les contempteurs les plus virulents de sa départementalisation. Mais l’islam gagnant du terrain au fil des ans, n’est-ce pas tout simplement là une peur exprimée par une certaine France clanique ?
La France n’est pas une république morale qui privilégierait les groupes, les clans, les castes, mais bien une république de droit qui ne connaît que l’individu.
jipsan
Les Justes de demain
Nous ne pensions pas si bien cibler en publiant (voir notre tribune libre du 07 avril) un billet sur les clandestins et sur ces familles d’accueil, alliés objectifs des gouvernants déclarant ouvertement lutter contre les dérives fondamentalistes.
Il nous paraît tout d’abord anormal de stigmatiser la personne en la qualifiant de clandestin, d’immigré… tout comme, en poussant un peu plus loin la réflexion, de la désigner tout simplement, qu’elle pénètre légalement ou illégalement dans le pays qu’elle a choisi, ou qu’elle vienne surpeupler un logement dit social.
Un article de loi punit celui qui apporte une quelconque aide à un clandestin.
« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit », est le nouveau mot d’ordre d’un grand rassemblement national qui prend forme, qui gonfle plus rapidement qu’on ne l’aurait pensé –au point de pousser le ministre Besson à se justifier… lire la suite
jipsan
Vérité et réalité
Toute dernièrement, l’image du Christ, enfin… l’image de l’image du Christ, a été vue par des milliers de personnes, croyantes ou non, sur le dossier du siège du curé de l’église de Cambuston à Saint-Paul de La Réunion.
Il y a ceux qui se sont déplacés et qui ont vu. Il y a ceux, beaucoup moins nombreux certes, qui se sont tout comme les premiers déplacés, mais qui n’ont pas vu. Il y a enfin ceux qui ne se sont pas déplacés et qui n’ont, bien entendu, rien vu. Il y a donc deux affirmations simples et une évidence qui caractérisent l’événement.
En poussant un peu plus loin la recherche des catégories, on pourrait vraisemblablement dire qu’il se trouvera demain une quatrième catégorie de personnes qui, bien que n’ayant pas fait le déplacement, affirmera quand même avoir ou ne pas avoir vu. Et oui, à force de concevoir, on finit aussi par voir ou ne pas voir !
Mais seules les témoignages des deux premières catégories de personnes méritent un intérêt dans le cadre d’un questionnement sur la vérité. Y avait-il bien sur le dossier du siège du curé l’image du Christ, ou plutôt l’image de l’image du Christ ?
Nous avons, nous aussi, été à Cambuston. C’était un jour de grande affluence. Et bien nous en a pris. Car il y avait tellement de monde que nous n’avons pu pénétrer dans l’édifice. Alors comment dire la vérité ?
Nous sous sommes contenté de questionner les personnes à leur sortie de l’église. Nous avons bien entendu obtenu deux catégories de réponses :
– « oui, nous avons bien vu», même si les réponses étaient parfois relativisées d’un « mais, c’était pas très net »,
– « non, nous n’avons rien vu ».
Mais devant la naturelle sincérité des personnes qui nous ont répondu, devant leur émotion, nous nous sommes rendus à l’évidence qu’il y avait deux vérités. Mais la vérité n’est-elle pas unique et indivisible, par définition ?
Nous avons alors décidé de ne pas attendre plus longtemps car si nous avions franchi les portes de l’église, nous aurions, nous aussi, vu ou pas vu. Nous aurions en conséquence dit la vérité, mais quelle mépris pour, dans le premier cas, ceux qui n’ont rien vu ; et quel semblable mépris pour, dans le second cas, ceux qui ont vu ! Et quelle présomption de notre part, nous qui aurions affirmé.
C’est alors que l’évidence nous est apparue : la vérité, dans cet événement, s’est effacée devant la réalité :
– « oui, Monsieur, c’est bien le Christ, il faut voir, c’est divin, je me suis agenouillée… J’en suis encore toute retournée… »
– « non, Monsieur, je n’ai pas vu, mais c’est pas grave, j’ai prié pour les enfants malades, et je me suis sentie bien ».
En fin de compte, chacun, qu’il ait vu, ou pas vu, disait, à sa manière, même en totale opposition, la vérité, la vérité pleine et entière, devenue réalité, et qui se trouvait dans une même ferveur partagée.
jipsan
Les Justes de demain
Nous ne pensions pas si bien cibler en publiant (voir notre tribune libre du 07 avril) un billet sur les clandestins et sur ces familles d’accueil, alliés objectifs des gouvernants déclarant ouvertement lutter contre les dérives fondamentalistes.
Il nous paraît tout d’abord anormal de stigmatiser la personne en la qualifiant de clandestin, d’immigré… tout comme, en poussant un peu plus loin la réflexion, de la désigner tout simplement, qu’elle pénètre légalement ou illégalement dans le pays qu’elle a choisi, ou qu’elle vienne surpeupler un logement dit social.
Un article de loi punit celui qui apporte une quelconque aide à un clandestin.
« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit », est le nouveau mot d’ordre d’un grand rassemblement national qui prend forme, qui gonfle plus rapidement qu’on ne l’aurait pensé –au point de pousser le ministre Besson à se justifier.
Les Justes sont ceux qui, par conviction, ont sauvé de la déportation au péril de leur liberté, et parfois de leur vie, les juifs et les tsiganes.
Ceux qui aujourd’hui aident les clandestins tombent également sous le coup de la loi : Cinq ans d’emprisonnement et 5000 euros d’amende !
Certes, il y a une différence de traitement, si ce n’est de finalité, entre la déportation vers les camps de concentration du 3e Reich et celle des clandestins, baptisée pudiquement de « reconduite » au pays d’origine. Dans le premier cas, la déportation n’a aucune justification possible. Dans le second cas, la déportation est la conséquence d’une politique dite « d’immigration choisie ».
Mais dans les deux cas, le même arbitraire fait force de loi : la désignation. L’histoire se répète.
Pourtant, on ne compte plus les démarches de mémoire qui s‘installent un peu partout en France et en Europe. On pourrait penser que celles-là auraient pour effet d’éviter que la déportation ne se reproduise. Mais ceux-là même qui se réclament de la nécessité du souvenir créent les conditions de justifier demain de nouveaux devoirs de mémoire.
Alors faudra-t-il attendre que l’histoire libère de nouveaux camps de déportation avant de faire, des justiciables d’aujourd’hui, les Justes de demain.
Et si le clandestin n’était tout simplement qu’un prétexte pour créer de nouvelles occasions de glorification. Ne pouvant plus le faire au travers de faits d’armes, le candidat au piédestal le fera alors par des actes de commisération. On se glorifie avec ce qui reste !
jipsan
Jugements à contrario
Sens moral et…
Une barcasse venant du Maghreb vient de sombrer en mer Méditerranée, une de plus, qui a fait des dizaines de disparus. Une autre venant de l’île d’Anjouan s’est retournée dans le canal du Mozambique, une de plus, qui a fait des dizaines de noyés. Très peu de monde s’en émeut. C’est devenu banalité.
Quelques survivants ont été récupérés, pour être jugés, puis enfermés en centre de rétention, puis expulsés. Retour au point de départ pour ces hommes, ces femmes et leurs enfants, ces adolescents, qui avaient placé leur refus du désespoir en direction de pays où l’intégration par le travail est encore possible.
Qu’à cela ne tienne, ils recommenceront, se feront à nouveau expulser, sans perdre espoir, sans jamais haïr.
Plutôt que de réagir en devenant révolutionnaires, terroristes ou pirates, mercenaires ou guerriers de l’apocalypse, kamikazes ou extrémistes, ils persisteront dans leur projet d’intégration.
Mais au lieu de les féliciter pour leur choix, pour leur sens moral, pour leur constance, on les reconduira à nouveau, inexorablement, sur les terres de misère qu’ils fuient à juste raison. Sans le moindre discernement intellectuel eu égard à leurs motivations. Sans rien vouloir savoir. Sans rien vouloir comprendre. Comme Sisyphe, on les condamnera au mouvement perpétuel. On les rejettera aux portes de la déportation, d’une déportation intra-muros que l’Occident a largement contribué à mettre en place.
…esprit de solidarité
Une famille algérienne vient de se faire expulser de l’appartement qu’elle occupe dans une citée des Mureaux, une de plus. Très peu de monde s’en émeut. C’est devenu banalité.
Le bailleur, une de ces sociétés d’économie mixte à visée sociale, soit disant, a justifié son intervention en justice en invoquant devant une assemblée d’édiles en visite, dont un Président, un retard de paiement des loyers, mais surtout une surpopulation locative.
Lors de la signature du bail, le coefficient familial se résumait à un couple avec trois enfants. Mais lors d’un contrôle (légal ?), il a été constaté que quatorze personnes partageaient l’appartement, pour une grande partie des clandestins.
« C’est inadmissible », s’est exclamé le représentant du bailleur. « Oui, absolument », a renchéri le Président.
Et tous les édiles présents d’approuver en concert !
Et combien de téléspectateurs de réagir de même ?
Plutôt que de mettre leurs parents à l’hospice, le couple signataire les a pris avec lui. Plutôt que d’abandonner ses frères sans toit, le couple les a hébergés. Plutôt que de laisser deux adolescents à la rue, il les a recueillis.
Cette famille, en cultivant l’esprit d’entraide, en hébergeant des démunis, est un exemple vivant de solidarité ; de cette solidarité dont l’absence est devenue la principale cause de la désespérance –et de la délinquance qui va avec– qui est au centre de la défaillance de notre société. Au lieu d’être félicitée et de faire l’objet d’une aide coordonnée, cette famille est stigmatisée, puis expulsée.
Ces deux faits divers mettant en scènes des clandestins et des immigrés sont explicites. Dans l’un comme dans l’autre cas, la France ne sait plus reconnaître ses alliés objectifs, ceux qui ne se laissent pas encore berner par les sirènes de l’alternative fondamentaliste, aveuglée qu’elle est par ses jugements d’Etat qui ressemblent davantage à des coupes partisanes à l’emporte-pièce qu’à une réflexion humaniste et sociale.
jipsan
Nous allons donner, chaque fois que l’occasion se présentera, une tribune libre à des amis, pour une réflexion, un article de fond, un message.
Notre ami jipsan nous fait l’honneur de démarrer cette tribune libre. avec : Ces clandestins, pourtant alliés objectifs.
WRI