Recherche google
Recherchez sur le site
février 2012
L Ma Me J V S D
« jan    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829  
Annonces woodbrass
Info de la Réunion
Powered by Cincopa WordPress plugin
St pierre sur FaceBook
Quelques Stats...

Archive pour la catégorie ‘Tribune libre’

Du symbole à l’idéologie

Quoi de plus anodin qu’un symbole ? Un châle par exemple, couvrant les cheveux ou entourant le visage. Et pourtant, lorsqu’il est pris au piège de la religiosité, ce symbole devient une arme. Le symbole est relatif car il n’est que la fabrication par l’homme d’une représentation abstraite, partielle et partiale de son environnement, tandis que l’idéologie est une vérité entière et absolue aux yeux de ceux qui l’ont forgée.
Tout dernièrement s’est tenu à Paris, à l’initiative de l’UMP et de son secrétaire général Jean-François Copé, un congrès dont le thème était «laïcité et identité» mais qui, en vérité, sous-entendait un débat sur le voile «islamique» et sur l’islam. Soulignons qu’il y avait si peu de participants que l’on se demande si les protagonistes n’auraient pas préféré y participer derrière une burqa afin qu’on ne les reconnût pas. Remarquons par ailleurs qu’un parti politique, partisan par définition, n’est pas l’organisme le mieux placé pour organiser un tel débat.
Mieux aurait valu un débat sur l’islam plutôt qu’un débat sur l’identité. Cela aurait été moins hypocrite. Toutefois les cartes étaient dangereusement faussées car, à l’idéologie du premier concept aurait été opposé les symboles du second. A la pureté de l’un, le blasphème de l’autre. Les instigateurs de ce débat l’ont bien compris. Ils ont eu peur de la confrontation et ont fait marche arrière. Il est plus aisé de discuter du profane que du sacré.
Quand à l’obligation de circuler à visage découvert dans les lieux publics, cela ne méritait même pas un débat car il va de soi que pour de simples raisons sécuritaires, le consensus français est pratiquement sans exception sur le sujet.

Quand la soutane de l’abbé Pierre n’était pas un problème

Lorsque la loi sur la laïcité a été votée en 1905, la soutane du prêtre séculier ne posait aucun problème. L’abbé Pierre l’a même arborée à l’assemblée nationale (il a été député de la nation française de 1945 à 1951). Et pourtant, c’était un signe hautement ostentatoire d’appartenance à une confession religieuse. Oui mais voilà, ces distinctions vestimentaires font parties des matrices disciplinaires et ancestrales de la représentation occidentale. Pensez… depuis que la cléricalisation s’est imposée en France ! Ce qui est curieux c’est que le «nombril-à-l’air», on s’y est aussi habitué. Et pourtant, il n’a pas l’ancienneté de la soutane. Mais il est vrai que cette mode n’est porteuse d’aucune obsession.
Rappelons aussi qu’il n’y a pas encore si longtemps, la France profonde, de la paysanne à la dévote, portait la coiffe ou le voile, et que jamais personne ne s’est récrié sur le sujet. Et pour cause, il s’agit dans ce cas d’une tradition bien française.
Par contre, le voile que portent les femmes musulmanes suscite de plus en plus un ressenti d’agression. De l’explication même fournie par Djalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, et assurément érudit plus averti en islamologie que les organisateurs de ce colloque, le voile n’est pas une obligation cultuelle mais une tradition vestimentaire culturelle arabe et bédouine en terre d’islam et il se trouve que parmi les immigrés, ces deux dernières catégories de personnes sont les plus représentées. Il est donc évident de dire que demain on croisera de plus en plus de voiles et qu’il faudra bien s’y faire.
Il est par ailleurs indéniable que la persistance de cette polémique autour du voile va voir, selon le sacro-saint principe d’Archimède appliqué à la psychologie, de plus en plus de musulmanes braver l’interdit…. (lire la suite de l’article de JipSan)

L’islamisme : alibi de l’occident et allié objectif des dictatures
Clamons la vérité, aussi crue soit-elle : ce n’est pas de l’ « islamisme » que l’occident a peur, mais bien de l’extension de la démocratie dans le sud du bassin méditerranéen. C’est bien connu, le tout n’est pas la somme des parties, et le concept politique qui émergerait d’une véritable révolution populaire ne serait bien entendu pas prêt à se faire voler sa victoire. Il est donc, pour les tenants des pouvoirs en place, d’un côté comme de l’autre de la mer Méditerranée, plus précautionneux de pacter avec le diable que de traiter avec les anges. Voilà pourquoi les puissances étrangères et plus particulièrement les pays européens ont été si frileux à se prononcer sans ambigüité pour la légitimité des manifestations.
L’ « islamisme » n’est rien d’autre que l’alibi de l’occident et, du même coup, l’allié objectif des dictatures qui se sont –ou ont été– installées.
Car enfin, il suffit de se rappeler que c’est bien sur le bord de la mer Méditerranée, et de surcroît dans l’un des plus grands pays du bassin, la Turquie, avec son président Mustafa Kemal Atatürk, que les chemins de la démocratie et de la laïcité en pays « islamique » se sont ouverts. C’était en 1923.
C’est ensuite que le dirigisme, qui a toujours prévalu dans les autres pays, d’abord sous le joug de la colonisation ou du protectorat, s’est progressivement renforcé jusqu’à devenir le mode de gestion généralisé au sud de la mer Méditerranée.
Ont succédé à la décolonisation, des royautés –autocratiques par excellence– qui ont repris leurs droits, ou des régimes autoritaires, voire des dictatures (même si la plupart se réfèrent au socialisme, ce qui est un comble), qui se sont accrochés au pouvoir. Et cela a duré des dizaines d’années, voir plus d’un demi-siècle pour certains des régimes en place.
Mais ne nous trompons pas, les meneurs de jeux sont restés les mêmes. Ils ont seulement perfectionné l’art de tirer les ficelles à distance, depuis Paris, Londres, Rome, Berlin, Madrid… mais aussi depuis Washington. Et si l’islam a généré ce qu’aujourd’hui on appelle indûment « islamisme », mais qui n’est rien d’autre que du terrorisme, c’est du fait de l’attitude de rejet par ces mêmes puissances d’un multiculturalisme à la recherche de dignité, mais c’est là un autre problème sur lequel nous reviendrons plus tard dans une autre tribune.
C’est ainsi que ces mêmes meneurs de jeux ont entretenu des relations ambigües avec les dictateurs en place, les caressant dans le sens du poil, commerçant avec eux dans des directions pas toujours avouables, comme les ventes d’armes et de matériels de maintien de l’ordre, disproportionnées avec les besoins sécuritaires de ces pays… Rappelons la proposition au tout début des manifestations à Kasserine et à Tunis de Michèle Alliot-Marie au président tunisien Ben Ali de lui envoyer le secours des forces anti-émeute françaises. Rappelons aussi ce contrat de livraison d’armes au gouvernement tunisien, conclu juste avant les manifestations.
Et, en retour, les dictateurs d’opérette de vendre aux meneurs de jeux leurs matières premières dont leurs sous-sols regorgent à des cours défiant toute concurrence. Et ce ne sont pas, bien entendu, les pays acheteurs qui s’en plaignent, allant jusqu’à héberger les comptes personnels des dirigeants de ces pays sans se poser de questions sur les origines et les compensations financières.
Et, copains comme cochons, les partenaires de l’Union pour La Méditerranée célèbrent le même leurre, qui, rappelons-le, a pour non « islamisme » et qui est l’ « alibi » pour le nord et l’ « allié objectif » pour le sud.
Car enfin, pour quelles raisons le nord agiterait-il avec tant
d’insistance la menace « islamiste » si ce n’était pour faire passer la pilule de son soutien à des dictatures et, pour quelles raisons ces mêmes dictatures se positionnent-elles, face à l’opinion mondiale, comme des remparts à l’ « islamisme » si ce n’est pour continuer à bénéficier du soutien du nord.
Chacun agite l’épouvantail de l’ « islamisme » pour servir ses intérêts, alors que le mouvement en cours n’a rien, mais absolument rien, de religieux, ni d’extrémiste. Il s’agit d’un mouvement essentiellement populaire composé principalement de jeunes, arabes, berbères et bédouins, musulmans principalement sunnites mais aussi shiites, et de minorités coptes, chrétiennes, et même juives. Un mouvement que l’on peut qualifier de spontané dans son essence, qui, dans un premier temps, s’est nourri de lui-même, avant d’être rejoint, progressivement, par des partis d’opposition désorganisés, laïques ou religieux, jusqu’alors muselés ou en exil, si ce n’est en prison pour la grande majorité de leurs membres.
Enfin, au nom de la pérennité inavouable des avantages acquis, le nord comme le sud entretiennent une querelle sémantique entre islam et « islamisme » alors que ces deux termes, synonymes, ne désignent qu’une seule et même doctrine. C’est Voltaire qui a remplacé le vocable « mahométisme », perçu comme péjoratif par les musulmans, par celui de islamisme, ou doctrine de l’islam.
L’islamisme, le christianisme, le judaïsme, ne sont pas le terrorisme et la confusion entretenue –même par les historiens modernes– est une insulte à tous ces peuples de La Méditerranée qui ont en commun de se réclamer de la religion du livre et qui n’espèrent qu’une chose : se liguer enfin pour combattre toute forme de fondamentalisme, qu’il soit politico-religieux ou religieux, et qui ne peut qu’aboutir à la ruine de leurs pays.
jipsan

Usine du Gol (saint Louis)

La nouvelle année ne fait que commencer et déjà les bonnes nouvelles se succèdent. Après le préfet qui a fait passer ses bons voeux, juste avant le réveillon pour annoncer que les hydrocarbures allaient augmenter pour le troisième mois consécutifs, avec un record battu pour la bouteille de gaz (voir l’article de la semaine dernière), c’est au tour de la CGT de nous rappeler à son bon souvenir, autour d’une revendication des salariés de la Séchilienne-Sidec, exploitant les usines thermiques du GOL et de BOIS ROUGE, qui rappelons le produisent 60% de l’électricité du département, de se mettre en grève pour demander un alignement sur la sur-rémunération des agent EDF.

La stratégie préférée des organisations syndicales de prendre en otage la population est en route.

Cette dernière déjà mise à mal par la crise et les destructions d’emplois qui en ont découlé, doit, en rentrant le soir, composer dans le « fénwar », ne surtout pas ouvrir frigo et congélateur sous peine de perdre le peu de denrées qu’ils contiennent, dormir sans même le soutien d’un ventilateur en plein coeur de l’été austral.

Quels sont les revendications de ses preneurs d’otages, certainement une demande urgente et impérative ? Et bien non, ces braves gens, qui, contrairement aux salariés des groupes CAILLE ou FOUCQUE qui tremblent pour savoir qui conservera son emploi et qui ira grossir les rangs des « chercheurs » (d’emploi), demandent à ce que leurs salaires soient alignés sur ceux des fonctionnaires avec une sur-rémunération allant de 20 à plus de 40%. On frise l’indécence quand on sait le pourcentage de la population qui vit de minimum sociaux.

Je ne mettrais pas en question le droit de grève, qui est et demeurera indispensable au bon équilibre des forces économiques en présence, mais je reste persuadé que la désaffection pour les syndicats est liée à ce genre d’actions, mises en place pour le profit d’un petit nombre au détriment de la majorité de la population. Est ce que ces grévistes accepteraient les contre-parties de la sur-rémunération, à savoir : le service minimum, les astreintes et autres petits inconvénients ?

En attendant « cabris i manz salade » et nous allons encore passer une soirée dans le noir et la moiteur pour que ces nantis du travail se sentent forts.

Comme lors de chaque crise financière majeur, le racisme et la xénophobie refont surface. La Suisse interdit la construction des minarets.

Le rejet de l’autre a toujours été le raccourci le plus utilisé par les population en souffrance, il a été pendant de nombreuse années le capital santé du front national. Pourquoi chercher des solutions à ses propres problèmes quand on peut en rejeter la faute sur l’étranger, la différence.

Ces étrangers, que nous avons été cherché pour réaliser les travaux (pénibles) que nous ne voulions plus faire, sont taxés aujourd’hui encore de faire monter le chômage. La sécurité sociale est en déficit c’est à cause des étrangers qui ont beaucoup d’enfant et qui utilisent les rouages de notre solidarité… autant de poncifs et raccourcis qui font le creuset de la droite réactionnaire.

La suisse vient donc de franchir le pas, du racisme quotidien au racisme d’État. Comme à la Réunion, la tolérance devrait être une religion. Apprendre à connaître l’Autre, ses traditions et ses cultures permet dans tous les cas le rejet de la xénophobie. A chaque difficultés mondiales, au lieu de se soutenir l’un, l’autre, on ne fait qu’exacerber les différences et la peur de l’autre. Seule la solidarité et l’entraide pourrons accélérer la fin de la crise.

L’Amérique peine à sortir de la crise, c’est la faute de Ben Laden. L’Europe s’essouffle, c’est la faute à l’émigration africaine, le climat se détériore, c’est la faute des chinois. Je rejoins l’analyse de Patrick SEBASTIEN, remettons l’humain au centre de nos préoccupation, arrêtons de raisonné qui en euro, qui en dollar, pour sortir de CES crises (financière, climatique) il faudrait des nouveaux JUSTES…

awa

Permettez moi de vous conter une histoire qui viens de m’arriver ce dimanche, avec mon épouse, un couple d’amis et nos 4 enfants réunis dans cette magnifique contrée des hauts d’Entre Deux, sur le chemin forestier du Dimitile.

Comme tout bon pique nique Réunionnais, il se tiens là où on à trouvé « le coin magique qui va bien du jour », c’est à dire qu’après être arrivé devant la barrière du terminus du chemin, on à fait demi tour et on s’est arrêté dans un coin charmant, repéré à la montée et qui était parfaitement vide.

En deux temps trois mouvements on pose les bâches et les glacières, on cherche trois bouts de bois, et nous voilà enfin prêt pour l’apéro.

C’est ce moment que les représentants locaux de la guilde des adorateurs de la chose cynégétique choisissent pour nous accueillir avec leurs harmonies si particulières…

Bon, on à 500m2 de tranquillité, un bon feu, une glacière de bidoche et c’est pas deux coup de tromblon lointain qui vont nous gâcher le BBQ.

C’était sans compter sur la pluie… qui fait son apparition quelques instants plus tard, chose cocasse et vous ne me croirez jamais (sauf si vous avez lu le début), c’était une pluie… de plombs !

Tout petits, quelques millimètres seulement, mais c’était quand même des plombs, qui devaient sûrement provenir de la secte cynégétique précédemment sus-citée, et qui devait finalement ne pas être si éloignée que ça, d’un point de vue bêtement balistique bien entendu.

En cow-boys responsables, nous avons tous entonné une réponse à nos hôtes afin de les assurer de la bonne réception de leur message de bienvenue.

Ils nous ont répondu qu’ils avaient bien reçu notre réponse, et un dialogue des plus intéressant c’est alors instauré entre nous.

Mais, ce que le ton ironique et quelque peu léger de ce billet ne saurait faire transparaître, nous en arrivâmes au moment ou, lassitude aidant, nous décidons de mettre une terme malgré nous à cette si ludique conversation, en nous préparant alors à retourner dans nos contrées personnelles, en gros, après quelques minutes de planques cachés derrière les voitures, blancs comme des linges et pas peu fiers si ce n’est véritablement flippés de la mort, on s’est vite cassés de là.

Après un entraînement guerrier comme celui-ci, on est tranquillement aller faire notre rapport à la Gendarmerie locale histoire de les rassurer sur le nombre de survivants de la journée…

Notre pique nique c’est tous de même bien terminé, Trois Mares étant magnifiquement tranquille en comparaison, même si notre repas dominical s’est fait au son agréable des casseroles Tamouls du temple d’à côté, il devait être écris quelque part que ce dimanche ne serait pas silencieux.

La prochaine fois, on ira poser nos bâches dans une réserve de chasse, nous y seront certainement plus à l’abris que sur un chemin forestier et public comme celui du Dimitile.

Finalement, nous sommes tous vivants et bien portants, c’est déjà ça, on à perdu un chouette dimanche, mais c’est pas ça qui nous empêchera de retourner là bas pour terminer notre glacière de bidoche.

Même pas eu le temps de faire des photos du Papang local qui se balade tranquillement et qui comme son espèce en est coutumière, faisait et refaisait toujours le même circuit, parfait pour préparer l’appareil photo pour le cliché du jour.

Un drôle de dimanche en quelque sorte.

Mais je ne puis terminer ce billet en relatant un fait extrêmement grave qui s’est produit pendant notre planque. Je ne vous cacherais pas que nos message hurlés contenaient quelques mots issus de notre colère, je met au défit n’importe quel père de famille qui voit son fils prendre un plomb dans le dos, de ne pas réagir de même.

Bref donc, au détour d’un de nos appels au calme, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre un sifflement distinct se produire à quelques mètres au dessus de ma tête… un balle venait de passer !

J’ai toujours su garder mes distances avec les armes à feux, mais je ne suis pas ignare quand même (sûrement quelques vieux reste de mon service militaire), et je sais faire la différence entre des plombs et des balles.

Des plombs Ok des balles NON !

Alors si l’abruti qui s’est amusé à cela me lit, je lui adresse l’expression de mon plus profond mépris, aimer la science cynégétique est une chose, tirer sur des enfants à balle réelle est juste un acte de pure bêtise aussi criminel que pathétique.

J’ai bien l’intention de retourner au même endroit très bientôt, je ne vais pas me laisser intimider par un inconnu bien parfaitement caché par la distance et tellement sûr de son pouvoir, qu’il arbore généralement sous la forme d’un cylindre à poudre et qui dans ce cas précis, n’avait d’autre but que de servir d’extension à cette fameuse carence musculaire entrejambienne… si chère à certains pratiquants de ce sport.

Sinon, ben le coin est quand superbe, je vous le conseille malgré tout.

Je me souviens d’une émission de télé. Un présentateur de la chaîne d’Etat, animait un débat public sur l’intégration. Parlant de personnes immigrées ou issues de l’immigration il en vint à dire : « il est vrai que certaines sont là depuis plus de dix ans et force est de constater qu’elles ne se sont pas intégrées. Elles portent toujours la djellaba ! »

– « J’allais vous faire la même remarque, vous m’avez coupé l’herbe sous le pied », renchérit un interlocuteur.

Au fond de la salle, un petit monsieur, jugeant inapproprié de répondre à une telle caducité, se pencha malgré tout vers son voisin et lui dit sans baisser la voix : « j’ai enseigné durant vingt ans en Haute Volta et mes collègues, professeurs comme moi, qui portaient tous la djellaba, n’ont jamais pensé un seul instant que je ne m’étais pas intégré, moi qui ne m’étais jamais départis de mes pantalons à pinces ».

L’animateur qui avait entendu, lui rétorqua : « Oui, mais eux étaient des musulmans et vous vous ne l’étiez pas ». Devant non pas une confusion des genres, mais plutôt face une constante de la désignation –la djellaba à Paris, ou l’islam à Ouagadougou, deux remarques qui procèdent de la même métaphore– le monsieur du fond de la salle préféra ne pas poursuivre plus loin la discussion.

Remarquons en passant que, du côté de l’institution française, il y a deux poids deux mesures, car, comment expliquer sinon par des raisons géopolitiques (le plus grand lagon du monde, la zone maritime économique, les nodules poly métalliques…) que la France qui intègre du bout des lèvres dans l’hexagone, le fasse à bras ouverts en dehors. Bref, ce n’est pas l’humanité qui va s’en plaindre !

Il aurait aussi aimé lui expliquer que sur cette île vit une petite communauté de Français de France à qui on a jamais demandé de « s’intégrer ». Heureusement, le comble a été évité, car cette fois, les « mzungus » (mot désignant « les blancs » en mahorais) de Mayotte sont bien français chez eux, dans cette île, à l’inverse du « toubab » (mot désignant « le blanc » en Bambara) de Haute Volta qui lui, n’était que Français chez l’autre !!!

L’armada des gueux

Nous soulevions, dans notre précédent billet du 29/04/09, l’hypothèse que le concept infernal que sont les caricatures partisanes et les nostalgies trompeuses, issues du colonialisme pour les premières, et de sa fin d’époque pour les secondes, ne soit qu’une excuse. Une démarche inconsciente certes, afin de draper d’un voile de retenue la panique que soulève la véritable question : la surpopulation planétaire. Alors, l’intégration a bon dos. Le problème faussement soulevé n’est que l’excuse du refus de l’autre… ou plutôt du refus de partage.

Voilà, le maître mot lâché : le partage… des richesses, cela va de soi. Une notion que l’Occident occulte et continuera de faire jusqu’au jour où, le tiers monde éclopé, purulent, en guenille, embarqué sur une armada incommensurable de vieux rafiots, débarquera par vagues successives et incontrôlables, pour s’approprier ce qui lui a toujours été refusé. Et aucune police ne pourra l’arrêter.

Les pôles se seront inversés, ce sera à l’Occident de s’intégrer dans le nouvel ordre ethno-sociologique de la misère. Mais le pourra-t-il. Certainement pas. Il se tournera alors vers le septentrion, le pays du grand froid, pour une ultime fuite en avant. Le plus intégré n’aura-t-il pas été celui qui aura préparé son débarquement, ou celui qui aura passé son temps à ignorer cet inéluctable avènement ?

Le tsigane, Roi de l’intégration

Nous avons déjà connu une précédente armada, beaucoup moins nombreuse toutefois, plus pacifique, et infiniment plus poétique : celle du peuple artiste tsigane. Rien n’a pu l’arrêter, même pas les édits royaux de tirs à vue, même pas les camps de concentration du 3e Reich, même pas la tentative de génocide ethnologique du troc de la verdine contre la cage à lapin d’un clapier de cité de banlieue. Un peuple pourtant inoffensif eu égard à son tout petit nombre, mais un peuple qui dérange toujours les autorités –surtout les autorités françaises actuelles– qui cherchent par tous les moyens à le tenir à distance.

Un peuple qui, pour les gouvernements, ne s’est jamais intégré, mais qui connaît toutes les ficelles administratives, sociales et judiciaires de tous les pays qu’il traverse. Un peuple qui sur ce point est loin d’avoir raté son intégration ! c’est le moins que l’on puisse en dire. Et c’est une juste réponse car, dans les faits, qui est le plus intégré : celui qui, sans honte, brille de ses dents en or, portent de longues robes bariolées, huile ses cheveux mais sait tirer partie… où celui qui continue à porter le costard conventionnel tout en ayant peur que l’autre vienne le lui emprunter ?

L’intégration a le dos large, mais gare au choc en retour. Les marabouts du sud ou les chamans de l’est ne poserons pas le problème dans les mêmes termes le moment venu. L’occident aura alors définitivement raté son intégration dans le nouvel ordre de demain qui sera, cela va de soi, un ordre de partage forcé !

jipsan

Je me souviens d’une émission de télé. Un présentateur de la chaîne d’Etat, animait un débat public sur l’intégration. Parlant de personnes immigrées ou issues de l’immigration il en vint à dire : « il est vrai que certaines sont là depuis plus de dix ans et force est de constater qu’elles ne se sont pas intégrées. Elles portent toujours la djellaba ! »

– « J’allais vous faire la même remarque, vous m’avez coupé l’herbe sous le pied », renchérit un interlocuteur.

Au fond de la salle, un petit monsieur, jugeant inapproprié de répondre à une telle caducité, se pencha malgré tout vers son voisin et lui dit sans baisser la voix : « j’ai enseigné durant vingt ans en Haute Volta et mes collègues, professeurs comme moi, qui portaient tous la djellaba, n’ont jamais pensé un seul instant que je ne m’étais pas intégré, moi qui ne m’étais jamais départis de mes pantalons à pinces ».

L’animateur qui avait entendu, lui rétorqua : « Oui, mais eux étaient des musulmans et vous vous ne l’étiez pas ». Devant non pas une confusion des genres, mais plutôt face une constante de la désignation –la djellaba à Paris, ou l’islam à Ouagadougou, deux remarques qui procèdent de la même métaphore– le monsieur du fond de la salle préféra ne pas poursuivre plus loin la discussion… (Lire la suite de l’article)

jipsan

La tolérance, un mot devenu vide de sens, qu’on peut lire sur toutes les lèvres. Une valeur que chacun se glorifie de partager. Une valeur devenue lieu commun de bienséance. Une valeur anti-morale, anti-sociale, anti-démocratique, anti-humaniste. La forme la plus subtile de l’exclusion de l’autre ! La forme de racisme la plus insidieuse !

Car la tolérance n’est rien d’autre que le fait du prince. Je te tolère et tu m’en seras doublement reconnaissant : d’abord parce que
j’ai été magnanime à ton égard, et ensuite parce que je te permets de m’en remercier. C’est ce que l’on appelle ni plus ni moins de la  condescendance avec demande de retour d’ascenseur.

Me promenant un jour dans Belleville et remarquant une abondance de visages, non pas d’étrangers –je ne leur ai pas demandé leur cartes d’identité– mais de personnes dont les origines étaient à l’évidence loin d’être bretonne, cauchoise ou parisienne, je me hasardais à aborder un monsieur traînant un cabas à roulettes et faisant ses courses :

– « Dites moi, Monsieur, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’étrangers dans ce quartier. »

– « M’en parler pas, il n’y a que ça, des arabes, des noirs… On n’est plus en France. »

– « vous êtes du quartier ? »

– « Oui, depuis que je suis né ».

– « Vous sentez vous quand même à l’aise ? », osais-je lui demander.

– « Faut faire avec, je n’ai pas les moyens de déménager. Remarquez, je leur ferai pas d’mal ! ».

– « Ca ne craint pas, parfois ? ».

– « Oh vous savez, le mieux c’est de les ignorer. Moi je fais comme si je les vois pas et il ne m’est jamais rien arrivé. J’ai appris à vivre avec eux. Disons que je suis devenu tolérant. »

« Et eux, pensez-vous qu’ils vous tolèrent ? » me enhardis-je à lui demander.

Le vivre-ensemble

Le monsieur s’est alors campé bien en face de moi et m’a regardé droit dans les yeux : « Et bien il ne manquerait plus que ça qu’ils me tolèrent pas, je suis quand même chez moi, ici ».

Non, je ne suis pas tolérant. Je ne suis pas non plus intolérant ; Je suis seulement a-tolérant, car, sous le vocable de la tolérance, se cache une hypocrisie faite de fausse conscience parce que nourrie à l’éther de ce couple infernal –mais qui n’est qu’un prétexte, nous verrons cela dans un prochain billet– que sont les caricatures partisanes et les nostalgies trompeuses.

Ne pas tomber dans le piège de la tolérance, c’est sortir du galvaudage des lieux communs érigés en maxime passe-partout à la manière de : « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ».
Non la liberté des uns ne s’arrête pas là où commence celle des autres, ce qui revient à faire vivre l’individu chacun sur son île ; mais, comme le  dit le biologiste Albert Jacquard : « la liberté des uns commence là où commence celle des autres » et cette fois, enfin, tout le monde apprendra à vivre ensemble, sur la même oasis.

Il existe, dans l’océan Indien, un département insulaire multiethnique français, La Réunion, où chacun apprend à vivre ensemble, à la même heure et avec les mêmes espérances, pour autant se faire que peut que les inévitables courants sous-marins de contradiction ne se réveillent pas en force si un jour la contention institutionnelle était levée, comme ce fut le cas, en 1979, dans une île voisine, multiethnique elle aussi, l’Ile Maurice pour la nommer. Ce fut un bain de sang. Au concept de tolérance, substituons-lui celui de vivre-ensemble. Car, enfin,  comment puis-je t’exclure, toi qui n’es qu’une partie privilégiée de moi, et moi une autre partie privilégiée de toi. T’exclure serait m’exclure moi-même. Le biologiste Jean Rostand l’a bien résumé : nous, êtres humains physiques et psychiques, ne sommes qu’ « une mosaïque originale d’éléments banaux ».

jipsan

La tolérance, un mot devenu vide de sens, qu’on peut lire sur toutes les lèvres. Une valeur que chacun se glorifie de partager. Une valeur devenue lieu commun de bienséance. Une valeur anti-morale, anti-sociale, anti-démocratique, anti-humaniste. La forme la plus subtile de l’exclusion de l’autre ! La forme de racisme la plus insidieuse !

Car la tolérance n’est rien d’autre que le fait du prince. Je te tolère et tu m’en seras doublement reconnaissant : d’abord parce que j’ai été magnanime à ton égard, et ensuite parce que je te permets de m’en remercier. C’est ce que l’on appelle ni plus ni moins de la condescendance avec demande de retour d’ascenseur.

Me promenant un jour dans Belleville et remarquant une abondance de visages, non pas d’étrangers –je ne leur ai pas demandé leur cartes d’identité– mais de personnes dont les origines étaient à l’évidence loin d’être bretonne, cauchoise ou parisienne, je me hasardais à aborder un monsieur traînant un cabas à roulettes et faisant ses courses :

– « Dites moi, Monsieur, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’étrangers dans ce quartier. »

– « M’en parler pas, il n’y a que ça, des arabes, des noirs… On n’est plus en France. »

– « vous êtes du quartier ? »

– « Oui, depuis que je suis né ».

– « Vous sentez vous quand même à l’aise ? », osais-je lui demander.

– « Faut faire avec, je n’ai pas les moyens de déménager. Remarquez, je leur ferai pas d’mal ! ».

– « Ca ne craint pas, parfois ? ».

– « Oh vous savez, le mieux c’est de les ignorer. Moi je fais comme si je les vois pas et il ne m’est jamais rien arrivé. J’ai appris à vivre avec eux. Disons que je suis devenu tolérant. »

« Et eux, pensez-vous qu’ils vous tolèrent ? » me enhardis-je à

lui demander… (lire la suite de l’article)

                                                                                                    jipsan

Qu’est-ce qui honore le plus la France ?

Mayotte, île français, s’est une fois de plus prononcée pour son maintien dans la France. Qui plus est : pour son évolution vers le statut de département. A plus de 95% des suffrages.

Et sur les moins de 5% de votants qui ne se sont pas prononcés pour la départementalisation, plus de 4% disent vouloir rester français. Un score que la mère patrie n’obtiendrait même pas si un référendum était organisé sur l’ensemble de son territoire.

Il suffit de décompter les militants ou simplement partisans des partis indépendantistes ou autonomistes basques, bretons, catalans, occitans éparpillés, communards irréductibles, guadeloupéens, martiniquais, guyanais, réunionnais… Le référendum de Mayotte qui s’est soldé par un plébiscite de plus de 95% de « oui » est un score qui honore la France. Mais au delà des chiffres, une simple réflexion sur les motivations du peuple mahorais à vouloir rester français, permet de considérer sous un autre angle le désir de nationalité.

La certitude opposée au doute

Car, en fait, qu’est-ce qui honore le plus la France en tant qu’entité de droit : le simple ralliement autour d’un hymne national qui émeut toujours très fortement les anciens combattants, extirpe encore quelques frissons aux enfants bercés dans une culture nationaliste, fait sourire les soubrettes en quête de beaux soldats… ou la certitude que la France peut apporter la sécurité et la capacité à pourvoir aux besoins élémentaires du citoyen, à savoir la nourriture quotidienne, la garantie de soins, l’assurance de liberté, et l’exercice de la justice. Car c’est bien le dernier prémisse qui a guidé le Mahorais dans son choix. Tout raisonnement axiologique qui s’appuierait sur une nostalgie trompeuse ou une attitude partisane serait condamné à se scléroser.

Car cette certitude, au regard de la crise financière et économique qui est au centre de ce que le Français éprouve en ce moment comme l’aliénation de sa vie quotidienne, laisse la place à un doute qui grandit de jour en jour et finit par gagner toutes les couches de la population. La France a donc besoin d’un apport de sang neuf pour délayer ce climat délétère. A Mayotte, par contre, c’est l’espoir qui prévaut. Une manifestation de confiance qui honore la France !

Apports nourris d’optimisme

L’histoire n’a-t-elle pas bénéficié de ces apports nourris d’optimisme qu’ont été les migrations méditerranéennes, méridionales et moyenne orientales, romaines, juives, turques, arméniennes… sans parler des migrations plus lointaines, tsiganes, normandes, celtes, liguriennes, ibériques… et de l’engagement guerrier plus récent de bataillons de tirailleurs sénégalais en 14/18 ou de la participation décisive de troupes d’Afrique du Nord sur le front sud durant la dernière guerre.

Nous parlions de la Marseillaise. Au delà de la symbolique du chant, il y a d’abord une harmonie et une mélodie. On peut fort bien concevoir que ces deux composantes ne chantent pas aux oreilles de tous les Mahorais, qui lui préfèrent des sonorités plus orientales. Mais il suffisait de voir comment les jeunes Mahorais qui n’étaient pas astreints au service militaire du temps où il était obligatoire, se précipitaient pour l’effectuer. Même si, dans certains esprits, c’était une manière d’assoire encore davantage leur nationalité française. Et la sublime récompense qui pouvait leur arriver était d’être sélectionnés parmi des milliers de conscrits pour défiler au sein de l’armée française sur les Champs Elysées le jour du 14 juillet. N’est-ce pas là une démonstration manifeste de patriotisme ?

Mayotte est une île musulmane à près de 100%. Elle ne correspond donc pas au paysage confessionnelle majoritaire français… lui opposent les contempteurs les plus virulents de sa départementalisation. Mais l’islam gagnant du terrain au fil des ans, n’est-ce pas tout simplement là une peur exprimée par une certaine France clanique ?

La France n’est pas une république morale qui privilégierait les groupes, les clans, les castes, mais bien une république de droit qui ne connaît que l’individu.

jipsan

Les Justes de demain

Nous ne pensions pas si bien cibler en publiant (voir notre tribune libre du 07 avril) un billet sur les clandestins et sur ces familles d’accueil, alliés objectifs des gouvernants déclarant ouvertement lutter contre les dérives fondamentalistes.

Il nous paraît tout d’abord anormal de stigmatiser la personne en la qualifiant de clandestin, d’immigré… tout comme, en poussant un peu plus loin la réflexion, de la désigner tout simplement, qu’elle pénètre légalement ou illégalement dans le pays qu’elle a choisi, ou qu’elle vienne surpeupler un logement dit social.

Un article de loi punit celui qui apporte une quelconque aide à un clandestin.

« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit », est le nouveau mot d’ordre d’un grand rassemblement national qui prend forme, qui gonfle plus rapidement qu’on ne l’aurait pensé –au point de pousser le ministre Besson à se justifier… lire la suite

jipsan

Vérité et réalité

Toute dernièrement, l’image du Christ, enfin… l’image de l’image du Christ, a été vue par des milliers de personnes, croyantes ou non, sur le dossier du siège du curé de l’église de Cambuston à Saint-Paul de La Réunion.

Il y a ceux qui se sont déplacés et qui ont vu. Il y a ceux, beaucoup moins nombreux certes, qui se sont tout comme les premiers déplacés, mais qui n’ont pas vu. Il y a enfin ceux qui ne se sont pas déplacés et qui n’ont, bien entendu, rien vu. Il y a donc deux affirmations simples et une évidence qui caractérisent l’événement.

En poussant un peu plus loin la recherche des catégories, on pourrait vraisemblablement dire qu’il se trouvera demain une quatrième catégorie de personnes qui, bien que n’ayant pas fait le déplacement, affirmera quand même avoir ou ne pas avoir vu. Et oui, à force de concevoir, on finit aussi par voir ou ne pas voir !

Mais seules les témoignages des deux premières catégories de personnes méritent un intérêt dans le cadre d’un questionnement sur la vérité. Y avait-il bien sur le dossier du siège du curé l’image du Christ, ou plutôt l’image de l’image du Christ ?

Nous avons, nous aussi, été à Cambuston. C’était un jour de grande affluence. Et bien nous en a pris. Car il y avait tellement de monde que nous n’avons pu pénétrer dans l’édifice. Alors comment dire la vérité ?

Nous sous sommes contenté de questionner les personnes à leur sortie de l’église. Nous avons bien entendu obtenu deux catégories de réponses :

– « oui, nous avons bien vu», même si les réponses étaient parfois relativisées d’un « mais, c’était pas très net »,

– «  non, nous n’avons rien vu ».

Mais devant la naturelle sincérité des personnes qui nous ont répondu, devant leur émotion, nous nous sommes rendus à l’évidence qu’il y avait deux vérités. Mais la vérité n’est-elle pas unique et indivisible, par définition ?

Nous avons alors décidé de ne pas attendre plus longtemps car si nous avions franchi les portes de l’église, nous aurions, nous aussi, vu ou pas vu. Nous aurions en conséquence dit la vérité, mais quelle mépris pour, dans le premier cas, ceux qui n’ont rien vu ; et quel semblable mépris pour, dans le second cas, ceux qui ont vu ! Et quelle présomption de notre part, nous qui aurions affirmé.

C’est alors que l’évidence nous est apparue : la vérité, dans cet événement, s’est effacée devant la réalité :

– « oui, Monsieur, c’est bien le Christ, il faut voir, c’est divin, je me suis agenouillée… J’en suis encore toute retournée… »

– « non, Monsieur, je n’ai pas vu, mais c’est pas grave, j’ai prié pour les enfants malades, et je me suis sentie bien ».

En fin de compte, chacun, qu’il ait vu, ou pas vu, disait, à sa manière, même en totale opposition, la vérité, la vérité pleine et entière, devenue réalité, et qui se trouvait dans une même ferveur partagée.

jipsan

Les Justes de demain

Nous ne pensions pas si bien cibler en publiant (voir notre tribune libre du 07 avril) un billet sur les clandestins et sur ces familles d’accueil, alliés objectifs des gouvernants déclarant ouvertement lutter contre les dérives fondamentalistes.

Il nous paraît tout d’abord anormal de stigmatiser la personne en la qualifiant de clandestin, d’immigré… tout comme, en poussant un peu plus loin la réflexion, de la désigner tout simplement, qu’elle pénètre légalement ou illégalement dans le pays qu’elle a choisi, ou qu’elle vienne surpeupler un logement dit social.

Un article de loi punit celui qui apporte une quelconque aide à un clandestin.

« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit », est le nouveau mot d’ordre d’un grand rassemblement national qui prend forme, qui gonfle plus rapidement qu’on ne l’aurait pensé –au point de pousser le ministre Besson à se justifier.

Les Justes sont ceux qui, par conviction, ont sauvé de la déportation au péril de leur liberté, et parfois de leur vie, les juifs et les tsiganes.

Ceux qui aujourd’hui aident les clandestins tombent également sous le coup de la loi : Cinq ans d’emprisonnement et 5000 euros d’amende !

Certes, il y a une différence de traitement, si ce n’est de finalité, entre la déportation vers les camps de concentration du 3e Reich et celle des clandestins, baptisée pudiquement de « reconduite » au pays d’origine. Dans le premier cas, la déportation n’a aucune justification possible. Dans le second cas, la déportation est la conséquence d’une politique dite « d’immigration choisie ».

Mais dans les deux cas, le même arbitraire fait force de loi : la désignation. L’histoire se répète.

Pourtant, on ne compte plus les démarches de mémoire qui s‘installent un peu partout en France et en Europe. On pourrait penser que celles-là auraient pour effet d’éviter que la déportation ne se reproduise. Mais ceux-là même qui se réclament de la nécessité du souvenir créent les conditions de justifier demain de nouveaux devoirs de mémoire.

Alors faudra-t-il attendre que l’histoire libère de nouveaux camps de déportation avant de faire, des justiciables d’aujourd’hui, les Justes de demain.

Et si le clandestin n’était tout simplement qu’un prétexte pour créer de nouvelles occasions de glorification. Ne pouvant plus le faire au travers de faits d’armes, le candidat au piédestal le fera alors par des actes de commisération. On se glorifie avec ce qui reste !

jipsan

Jugements à contrario

Sens moral et…

Une barcasse venant du Maghreb vient de sombrer en mer Méditerranée, une de plus, qui a fait des dizaines de disparus. Une autre venant de l’île d’Anjouan s’est retournée dans le canal du Mozambique, une de plus, qui a fait des dizaines de noyés. Très peu de monde s’en émeut. C’est devenu banalité.

Quelques survivants ont été récupérés, pour être jugés, puis enfermés en centre de rétention, puis expulsés. Retour au point de départ pour ces hommes, ces femmes et leurs enfants, ces adolescents, qui avaient placé leur refus du désespoir en direction de pays où l’intégration par le travail est encore possible.

Qu’à cela ne tienne, ils recommenceront, se feront à nouveau expulser, sans perdre espoir, sans jamais haïr.

Plutôt que de réagir en devenant révolutionnaires, terroristes ou pirates, mercenaires ou guerriers de l’apocalypse, kamikazes ou extrémistes, ils persisteront dans leur projet d’intégration.

Mais au lieu de les féliciter pour leur choix, pour leur sens moral, pour leur constance, on les reconduira à nouveau, inexorablement, sur les terres de misère qu’ils fuient à juste raison. Sans le moindre discernement intellectuel eu égard à leurs motivations. Sans rien vouloir savoir. Sans rien vouloir comprendre. Comme Sisyphe, on les condamnera au mouvement perpétuel. On les rejettera aux portes de la déportation, d’une déportation intra-muros que l’Occident a largement contribué à mettre en place.

esprit de solidarité

Une famille algérienne vient de se faire expulser de l’appartement qu’elle occupe dans une citée des Mureaux, une de plus. Très peu de monde s’en émeut. C’est devenu banalité.

Le bailleur, une de ces sociétés d’économie mixte à visée sociale, soit disant, a justifié son intervention en justice en invoquant devant une assemblée d’édiles en visite, dont un Président, un retard de paiement des loyers, mais surtout une surpopulation locative.

Lors de la signature du bail, le coefficient familial se résumait à un couple avec trois enfants. Mais lors d’un contrôle (légal ?), il a été constaté que quatorze personnes partageaient l’appartement, pour une grande partie des clandestins.

« C’est inadmissible », s’est exclamé le représentant du bailleur. « Oui, absolument », a renchéri le Président.

Et tous les édiles présents d’approuver en concert !

Et combien de téléspectateurs de réagir de même ?

Plutôt que de mettre leurs parents à l’hospice, le couple signataire les a pris avec lui. Plutôt que d’abandonner ses frères sans toit, le couple les a hébergés. Plutôt que de laisser deux adolescents à la rue, il les a recueillis.

Cette famille, en cultivant l’esprit d’entraide, en hébergeant des démunis, est un exemple vivant de solidarité ; de cette solidarité dont l’absence est devenue la principale cause de la désespérance –et de la délinquance qui va avec– qui est au centre de la défaillance de notre société. Au lieu d’être félicitée et de faire l’objet d’une aide coordonnée, cette famille est stigmatisée, puis expulsée.

Ces deux faits divers mettant en scènes des clandestins et des immigrés sont explicites. Dans l’un comme dans l’autre cas, la France ne sait plus reconnaître ses alliés objectifs, ceux qui ne se laissent pas encore berner par les sirènes de l’alternative fondamentaliste, aveuglée qu’elle est par ses jugements d’Etat qui ressemblent davantage à des coupes partisanes à l’emporte-pièce qu’à une réflexion humaniste et sociale.

jipsan

Nous allons donner, chaque fois que l’occasion se présentera, une tribune libre à des amis, pour une réflexion, un article de fond, un message.

Notre ami jipsan nous fait l’honneur de démarrer cette tribune libre. avec : Ces clandestins, pourtant alliés objectifs.

Sondage

Que pensez-vous de la montée du FN et de sa présidente

  • Les français ont la mémoire courte (50%, 3 Votes)
  • C'est la meilleure alternative au changement (33%, 2 Votes)
  • Nous sommes encore loin de l'élection... (17%, 1 Votes)
  • C'est un revers pour N. Sarkozy (0%, 0 Votes)
  • La politique c'est blanc bonnet et bonnet blanc (0%, 0 Votes)

Total Voters: 6

Loading ... Loading ...
Annonces Google

association
Commerce en ligne
comparateur de prix
Forum réunionnais
Ajouter à iGoogle
Add to Google