Je me souviens d’une émission de télé. Un présentateur de la chaîne d’Etat, animait un débat public sur l’intégration. Parlant de personnes immigrées ou issues de l’immigration il en vint à dire : « il est vrai que certaines sont là depuis plus de dix ans et force est de constater qu’elles ne se sont pas intégrées. Elles portent toujours la djellaba ! »
– « J’allais vous faire la même remarque, vous m’avez coupé l’herbe sous le pied », renchérit un interlocuteur.
Au fond de la salle, un petit monsieur, jugeant inapproprié de répondre à une telle caducité, se pencha malgré tout vers son voisin et lui dit sans baisser la voix : « j’ai enseigné durant vingt ans en Haute Volta et mes collègues, professeurs comme moi, qui portaient tous la djellaba, n’ont jamais pensé un seul instant que je ne m’étais pas intégré, moi qui ne m’étais jamais départis de mes pantalons à pinces ».
L’animateur qui avait entendu, lui rétorqua : « Oui, mais eux étaient des musulmans et vous vous ne l’étiez pas ». Devant non pas une confusion des genres, mais plutôt face une constante de la désignation –la djellaba à Paris, ou l’islam à Ouagadougou, deux remarques qui procèdent de la même métaphore– le monsieur du fond de la salle préféra ne pas poursuivre plus loin la discussion… (Lire la suite de l’article)
jipsan

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