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Archive pour le 8 avril 2009

Les Justes de demain

Nous ne pensions pas si bien cibler en publiant (voir notre tribune libre du 07 avril) un billet sur les clandestins et sur ces familles d’accueil, alliés objectifs des gouvernants déclarant ouvertement lutter contre les dérives fondamentalistes.

Il nous paraît tout d’abord anormal de stigmatiser la personne en la qualifiant de clandestin, d’immigré… tout comme, en poussant un peu plus loin la réflexion, de la désigner tout simplement, qu’elle pénètre légalement ou illégalement dans le pays qu’elle a choisi, ou qu’elle vienne surpeupler un logement dit social.

Un article de loi punit celui qui apporte une quelconque aide à un clandestin.

« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit », est le nouveau mot d’ordre d’un grand rassemblement national qui prend forme, qui gonfle plus rapidement qu’on ne l’aurait pensé –au point de pousser le ministre Besson à se justifier… lire la suite

jipsan

Vérité et réalité

Toute dernièrement, l’image du Christ, enfin… l’image de l’image du Christ, a été vue par des milliers de personnes, croyantes ou non, sur le dossier du siège du curé de l’église de Cambuston à Saint-Paul de La Réunion.

Il y a ceux qui se sont déplacés et qui ont vu. Il y a ceux, beaucoup moins nombreux certes, qui se sont tout comme les premiers déplacés, mais qui n’ont pas vu. Il y a enfin ceux qui ne se sont pas déplacés et qui n’ont, bien entendu, rien vu. Il y a donc deux affirmations simples et une évidence qui caractérisent l’événement.

En poussant un peu plus loin la recherche des catégories, on pourrait vraisemblablement dire qu’il se trouvera demain une quatrième catégorie de personnes qui, bien que n’ayant pas fait le déplacement, affirmera quand même avoir ou ne pas avoir vu. Et oui, à force de concevoir, on finit aussi par voir ou ne pas voir !

Mais seules les témoignages des deux premières catégories de personnes méritent un intérêt dans le cadre d’un questionnement sur la vérité. Y avait-il bien sur le dossier du siège du curé l’image du Christ, ou plutôt l’image de l’image du Christ ?

Nous avons, nous aussi, été à Cambuston. C’était un jour de grande affluence. Et bien nous en a pris. Car il y avait tellement de monde que nous n’avons pu pénétrer dans l’édifice. Alors comment dire la vérité ?

Nous sous sommes contenté de questionner les personnes à leur sortie de l’église. Nous avons bien entendu obtenu deux catégories de réponses :

– « oui, nous avons bien vu», même si les réponses étaient parfois relativisées d’un « mais, c’était pas très net »,

– «  non, nous n’avons rien vu ».

Mais devant la naturelle sincérité des personnes qui nous ont répondu, devant leur émotion, nous nous sommes rendus à l’évidence qu’il y avait deux vérités. Mais la vérité n’est-elle pas unique et indivisible, par définition ?

Nous avons alors décidé de ne pas attendre plus longtemps car si nous avions franchi les portes de l’église, nous aurions, nous aussi, vu ou pas vu. Nous aurions en conséquence dit la vérité, mais quelle mépris pour, dans le premier cas, ceux qui n’ont rien vu ; et quel semblable mépris pour, dans le second cas, ceux qui ont vu ! Et quelle présomption de notre part, nous qui aurions affirmé.

C’est alors que l’évidence nous est apparue : la vérité, dans cet événement, s’est effacée devant la réalité :

– « oui, Monsieur, c’est bien le Christ, il faut voir, c’est divin, je me suis agenouillée… J’en suis encore toute retournée… »

– « non, Monsieur, je n’ai pas vu, mais c’est pas grave, j’ai prié pour les enfants malades, et je me suis sentie bien ».

En fin de compte, chacun, qu’il ait vu, ou pas vu, disait, à sa manière, même en totale opposition, la vérité, la vérité pleine et entière, devenue réalité, et qui se trouvait dans une même ferveur partagée.

jipsan

Les Justes de demain

Nous ne pensions pas si bien cibler en publiant (voir notre tribune libre du 07 avril) un billet sur les clandestins et sur ces familles d’accueil, alliés objectifs des gouvernants déclarant ouvertement lutter contre les dérives fondamentalistes.

Il nous paraît tout d’abord anormal de stigmatiser la personne en la qualifiant de clandestin, d’immigré… tout comme, en poussant un peu plus loin la réflexion, de la désigner tout simplement, qu’elle pénètre légalement ou illégalement dans le pays qu’elle a choisi, ou qu’elle vienne surpeupler un logement dit social.

Un article de loi punit celui qui apporte une quelconque aide à un clandestin.

« Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit », est le nouveau mot d’ordre d’un grand rassemblement national qui prend forme, qui gonfle plus rapidement qu’on ne l’aurait pensé –au point de pousser le ministre Besson à se justifier.

Les Justes sont ceux qui, par conviction, ont sauvé de la déportation au péril de leur liberté, et parfois de leur vie, les juifs et les tsiganes.

Ceux qui aujourd’hui aident les clandestins tombent également sous le coup de la loi : Cinq ans d’emprisonnement et 5000 euros d’amende !

Certes, il y a une différence de traitement, si ce n’est de finalité, entre la déportation vers les camps de concentration du 3e Reich et celle des clandestins, baptisée pudiquement de « reconduite » au pays d’origine. Dans le premier cas, la déportation n’a aucune justification possible. Dans le second cas, la déportation est la conséquence d’une politique dite « d’immigration choisie ».

Mais dans les deux cas, le même arbitraire fait force de loi : la désignation. L’histoire se répète.

Pourtant, on ne compte plus les démarches de mémoire qui s‘installent un peu partout en France et en Europe. On pourrait penser que celles-là auraient pour effet d’éviter que la déportation ne se reproduise. Mais ceux-là même qui se réclament de la nécessité du souvenir créent les conditions de justifier demain de nouveaux devoirs de mémoire.

Alors faudra-t-il attendre que l’histoire libère de nouveaux camps de déportation avant de faire, des justiciables d’aujourd’hui, les Justes de demain.

Et si le clandestin n’était tout simplement qu’un prétexte pour créer de nouvelles occasions de glorification. Ne pouvant plus le faire au travers de faits d’armes, le candidat au piédestal le fera alors par des actes de commisération. On se glorifie avec ce qui reste !

jipsan

C’est aujourd’hui que doit rentrer en application la baisse de 5 à 20% des prix de 250 produits dans la grande distribution, suite aux négociations entre les enseignes et le COSPAR.

Mais qui vérifiera que la grande distribution tient ses engagements et si oui pour combien de temps ? N’ayant pas communiqué sur un prix plafond, est-ce que ces baisses ne combleront pas simplement des augmentations réalisé à priori ? Le COSPAR va-t-il réalisé des relevés de prix réguliers et inscrits dans la durée de ses 250 produits, afin de donner aux réunionnais des informations sur les enseignes qui jouent le jeu et celles qui ne le joue pas ?

Autant de question auxquelles aujourd’hui nous n’avons pas de réponse.

En marge de cette baisse, le JIR a décidé de distribuer gratuitement son journal dans les points de vente habituels ou à télécharger en PDF à partir de son site clicanoo, un exemple à suivre. Nous disons donc une baisse de 10% (en moyenne) ça fait 36 jours de JIR gratuit cette année :)

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